On dit d’une entreprise engagée sur des objectifs de développement durable qu’elle « fait de la RSE ». Certaines entreprises renomment leurs rapport RSE (responsabilité sociale des entreprises) en rapport DD (développement durable).

Ces deux notions sont souvent confondues et utilisées alternativement l’un pour l’autre. On lit que la responsabilité sociale des entreprises est un cas particulier du développement durable, et l’article suivant on apprend que le développement durable fait partie de la RSE. C’est obscur !

Alors, quelle est la différence entre ces concepts ?

Comment définir le développement durable ?

Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Première Ministre norvégienne (1987).

C’est une manière d’organiser la société tenable sur le long terme. Ce terme est composé du mot «développement» pour maintenir une évolution de la société et du mot «durable» pour signifier que les enjeux du futur doivent être intégrés dans les décisions d’aujourd’hui.

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio, coordonné par les Nations unies, officialise la notion de « développement durable ». C’est également là que les trois piliers du développement durable apparaissent :
– économie 💰
– écologie 🌿
– social 👥

Le développement durable devient donc un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

C’est pourquoi le développement durable fait fortement penser à la RSE !

Effectivement, les deux termes englobent les conséquences sociales et environnementales d’activités humaines.

➡️  Si vous avez besoin d’un rappel sur la définition de la RSE, je vous invite à lire cet article sur le blog.

Les notions de responsabilité sociale des entreprises et de développement durable reposent toutes deux sur des principes éthiques universels de justice et d’équité, ce qui les fait converger au point de les mélanger.

Autre point qui les unit fortement pour nous en France, c’est la concordance de leur apparition pour le grand public. Le Grenelle de l’environnement en 2007 montre la place qu’occupe le développement durable dans le dialogue social en France. C’est à ce moment que l’état, les collectivités territoriales, les organisations patronales et les ONG se réunissent pour parler de développement durable ET de RSE. Ça n’était pas la première concertation sur l’un ou l’autre de ces sujets en France, mais c’était peut-être l’évènement le plus marquant. Et il a été suivi par des projets de loi et des mesures concrètes.

Il y a de quoi se mélanger les pinceaux !

Et pourtant des différences existent entre RSE et développement durable

 

Différence d’échelle 🪜

Bien sûr, la première différence et la principale, c’est celle de leur contexte d’application. La RSE s’applique à l’échelle d’une entreprise, tandis que le développement durable s’applique à l’échelle du monde.

Cette différence a des implications : la RSE est plus simple à comprendre et plus applicable que le développement durable. Il est facile de se projeter dans des actions concrètes qui font partie du scope de la RSE puisqu’on part des besoins des parties prenantes. Pour le développement durable, on se repose plutôt sur des recommandations scientifiques, des études et sur la base d’observations mesurées. Au-delà des bonnes pratiques qu’on a tous apprises, il est difficile de trouver par soi-même quoi faire ensuite.

 

Différence de finalité  ⏳ / ∞

La RSE est une démarche d’amélioration continue sans objectif final à atteindre, je dirais presque sans pression. Le but de chaque entreprise est simplement de faire mieux que l’année d’avant, ou de faire mieux que son concurrent direct.

De son côté, 17 objectifs mondiaux gouvernent le développement durable. Ces 17 objectifs sont à réaliser avant 2030 pour la bonne santé de chacun et la survie de la planète. Donc on peut dire qu’il y a une certaine pression à réussir…

 

Différence conceptuelle 🤔

Le concept de RSE fait référence au rôle d’une entreprise dans la société. En particulier, il appelle à la reconnaissance et la réduction des impacts de ses activités sur la société. La popularité grandissante de la démarche RSE a poussé les entreprises à considérer de plus en plus les acteurs extérieurs.

Très concrètement, les premières étapes d’une démarche RSE consistent à identifier les parties prenantes à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Le but étant de prendre en compte leurs intérêts dans la stratégie de l’entreprise. C’est donc l’idée du vivre-ensemble qui est largement mise en avant dans la RSE.

Le concept de développement durable fait référence à la survie de l’espèce humaine. Les Nations Unies ont établi en 2015 une liste de 17 objectifs de Développement Durable à atteindre d’ici 2030. Ces objectifs consistent à mettre fin à la pauvreté dans le monde tout en maintenant la croissance économique et en luttant contre le changement climatique. Un programme ambitieux. Le développement durable inclut toujours la notion de partage équitable des ressources, entre être humains peuplant la terre aujourd’hui, mais aussi entre génération actuelle et générations futures.

businesswoman worry on laptop

Pour simplifier, le développement durable fait référence à des principes éthiques universels d’un haut niveau moral. Tandis que la RSE fait référence à ce qui est acceptable vis-à-vis de la société, de manière plus conventionnelle.

Face à des parties prenantes aux opinions divergentes :
👉  le développement durable dicte un précepte et une manière d’agir
👉  la RSE cherche une conciliation, essaie de satisfaire un maximum de parties, de manière politiquement correcte

Cette différence est en grande partie liée aux origine de chaque concept. Alors que la RSE vient de la culture et de la société, le développement durable part d’observations scientifiques. En cela, ces deux notions sont très différentes. Par exemple, la RSE ne remet pas en cause le fonctionnement libéral de notre monde moderne, alors que le développement durable si.

Ce sont surtout des notions interconnectées

 

Le développement durable contribue à la RSE 🔄

Les acteurs du développement durable sont … tout le monde ! Chaque citoyen de chaque état, mais aussi chaque association, collectivité, structure, etc.

On retrouve bien sûr le développement durable dans les entreprises, qui en sont elles aussi des actrices. Là, le développement durable prend la forme d’actions concrètes et de réduction d’impacts. Il sert aussi de guide dans l’établissement d’une stratégie RSE, notamment pour prioriser les objectifs que l’entreprise se fixe.

 

La RSE contribue au développement durable 🔄

Les entreprises sont des acteurs majeurs en termes de développement durable puisqu’elles consomment des ressources, produisent des déchets, offrent du travail à leurs salariés, fournisseurs et partenaires et contribuent au développement local. La RSE représente l’apport de cet acteur important à l’effort collectif autour du développement durable.

Le côté très concret et applicable de la RSE en fait une contributrice considérable du développement durable. La notion de développement durable étant floue et difficile à saisir, elle bénéficie grandement de la RSE en ce sens.

Pour résumer

RSE et développement durable sont étroitement liés et l’un ne va pas sans l’autre. On peut tout à fait expliquer la RSE en utilisant le développement durable, c’est compréhensible et votre interlocuteur saisira de quoi vous parlez. Je fais moi-même le raccourci lorsque je dois définir la RSE en une phrase, et c’est okay.

Mais gardez en tête que c’est justement un raccourci. Ces deux termes mêmes s’ils se recoupent ont des différences :

– non seulement d’échelle et d’applicabilité

– mais aussi en termes de finalité

– et surtout conceptuelles